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vant d’avoir vu Venise, j’avais vu Mort à Venise, lu La mort à Venise, et plus tard Proust, les pavés inégaux de la place Saint-Marc, le temps perdu et retrouvé… J’avais vu bien sûr des photos, images de films, farandoles et masques, gondoles – chez ma grand-mère, sur le buffet, il y avait une petite gondole en plastique, avec son gondolier à l’arrière, qui faisait de la musique quand on l’avait tournée sur son pied doré pour la remonter…

Un jour – beaucoup, beaucoup plus tard – il y a eu Venise. Venise qui ne ressemblait en rien à ce que j’avais imaginé, plus sublime et plus misérable, plus antique et plus menacée, pourriture et or, mort et beauté, beauté de la mort ; et quelque chose de plus, de pire, de flottant et d’insaisissable à la lisière de la conscience…

Venise haut lieu, aussi, du tourisme idiot, de la déambulation de masse, de l’absurdité contemporaine ; Venise où on ne peut pas s’empêcher de revenir… Mais qu’est-ce qu’on vient chercher là ? Avant que naisse le projet d’un atelier d’écriture à Venise, il y a eu ces années de frottement au mythe de Venise, de rêves de Venise ; le nom de Venise et Venise inaccessible, toujours ; Venise plus que jamais menacée ; Venise dans sa mort programmée – à quelques décennies, disent certains scientifiques.

Que quêtons-nous dont Venise serait le nom ?

Venise encore vivante aujourd’hui, où nous nous précipitons pour voir… quoi? Que quêtons-nous dont Venise serait le nom ? Et plus généralement, qu’allons-nous chercher ailleurs, au-delà de notre village, de notre vallée, de notre région, de notre pays… Qu’allons-nous chercher ailleurs ? Quel «usage » faisons-nous du monde que nous allons rencontrer ?

De cet inconsistant brassage, de ce rêve à peine conscient, puis précisé ; de ces voyages de plus en plus émus, plus poignants ; de ce nom de Venise toujours plus lourd de souvenirs est né le projet d’un atelier d’écriture à Venise.

Virginie Lou

Quelques photos de Venise

prises pendant l'atelier d'Ècriture de juillet 2009

Une façade typiquement vénitienneOn accroche les sacs-poubelles au murUn pont à descendre parmi 10.000 autresRétroMurMur et cœurUn pont à monterUne altana, petite terrasse à même le toitParking sur l'eau!La Venise intimisteGelati per tuttigraffiti sur un pontJeune assis sur la fontaineMaman et bébé au bord du canalUn VénitienUn vénitien (2)Couple aristoRefletsChien et maître renifleursDemain, j'enlève le basMarchand de fruits et légumes sur l'eauAmiciUne barqueEauxLe journal du matinA l'ombre devant le canal de la GiudeccaVerresAlguesBarques flirteuses!Campo Sant AgneseChantiers navals de la GiudeccaL'eau du canalPoteaux neufs attendant d'^tre plantés dans la laguneDerrière le rideauLinge à la fenêtre: une institution à VenisePoteau déjà maladePoubelles devant San MarcoPoubelles (2)SonnettesConducteur de vaporettoJeunes filles à S. Giogio MaggioreL'eau toujoursPoteau, chaîne, alguesL'eau des touristesUne vénitienneVue de l'appartement où se tenait l'atelier 2009Dans le vaporettoSan Pietro di CastelloL'eau encorePochoir signé "USIS"Au loin, la GiudeccaQuai de Zattere al PonteZattere ai SolaniChiesa della SalutePochoir de "USIS" près de San SebastianoPrès de l'AcademiaSovversione socialeToujours le tagger USISGondoliereVerso un futuro feliceLes goélands sont les premiers levésL'AcademiaEau matinaleLa Caisse d'Epargne, près de la FeniceChiesa della Salute, vue de l'Academia, au petit matinLa Serenissime...

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